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Suisse L'armée songe à son quart d'heure d'internet

   -    2017-06-19                   2 vues

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Philippe Rebord ne manque pas de défis à relever à la tête de l'armée. Comme celui de convaincre les jeunes d'effectuer leur service militaire plutôt qu'un service civil. «L'armée est un miroir de la société et c'est pourquoi elle doit s'adapter à la société», a déclaré le commandant de corps dans une interview publiée par le Tages-Anzeiger.

Rien qu'en 2016, plus de 6000 jeunes ont demandé leur incorporation dans le service civil après avoir accompli leur école de recrues. «Et ça fait mal», a reconnu Philippe Rebord. «Je n’ai aucun reproche à faire aux civilistes. Je remarque seulement que le service civil est beaucoup plus attractif que l’armée au niveau des horaires, de la localisation et de la large palette d’activités qu’il offre», a-t-il précisé dans une autre interview parue dans La Liberté, L'Impartial et L'Express

La jeune génération qui arrive dans les écoles de recrues a d'autres attentes et une image différente du monde. L'écart entre la vie civile et la vie militaire n'a donc jamais été aussi grand, poursuit le Valaisan. «Et nous devons ajuster notre système.»

Un quart d'heure d'internet

L'utilisation d'internet a ainsi fait son apparition sous les drapeaux. «Lorsque les recrues sont occupées toute la journée, elles n'ont que la nuit pour aller surfer. Et si elles le font toute la nuit, elles ont ensuite un problème après deux jours», relève le chef de l'armée.

Si les jeunes doivent s'adapter à leur nouvelle vie, l'armée doit également prendre en compte les changements qui se sont opérés dans la société. «Nous devons rendre les premières semaines plus douces pour perdre moins de jeunes lors du premier mois.»

Plusieurs options sont à l'étude, comme celle de permettre un quart d'heure d'internet aux recrues afin qu'elles puissent assouvir leurs besoins durant la journée. Cette possibilité existe déjà lors de la formation dans les écoles d'officiers.

De là à dire que la génération actuelle est trop ­fragile ou paresseuse, le chef de l'armée s'y refuse. «Ce «débat des couilles molles» est d’une totale absurdité», a-t-il asséné dans une autre interview parue dans La Liberté, L'Impartial et L'Express.

Plus d'argent pour l'armée

Mais Philippe Rebord s'explique aussi sur les besoins croissants de l'armée et donc des nécessités financières. «Les cinq milliards de francs par an prévus d'ici à 2022 ne suffiront plus.» Il plaide pour un taux de croissance annuel du budget militaire. Ce qui porterait l'enveloppe dévolue à l'armée à six milliards de francs par an d'ici 2030.

Parmi les priorités du chef de l'armée figurent l'acquisition de nouveaux avions de combats ou de systèmes de défense sol-air. «Tous les officiers, sous-officiers et soldats de l'armée doivent comprendre que c'est la priorité.»

Tout en reconnaissant que la Guerre froide est finie, Philippe Rebord se veut clair sur son analyse de la sécurité en Europe. «La tendance montre clairement un renforcement des défenses», conclut-il. (nxp)

Créé: 19.06.2017, 10h12

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